Les synagogues sont l'âme du ghetto. Construites au dernier étage de bâtiments préexistant dans le Ghetto Novo, elles sont difficiles à repérer de l'extérieur, tandis qu'une fois à l'intérieur, elles se révèlent être de véritables joyaux.

La grande synagogue allemande

Construite en 1528, la grande synagogue allemande, de rite ashkénaze, est la première synagogue du ghetto. La décoration a été entièrement refaite à l’époque du Baroque tardif, tandis qu’au début du 19e siècle, pour des raisons de stabilité, l’installation centrale a été modifiée avec le déplacement de la Bimà vers le mur opposé pour ne pas charger excessivement le sol. Le plan irrégulier de cette grande synagogue allemande redevient harmonieux avec l’ajout tardif d’un étage elliptique pour les femmes et avec la décoration des murs recouverts de ” marmorino ” (un semblant de marbre) et avec l’inscription des Dix Commandements, en lettres d’or sur fond rouge, traversant tous les murs de la salle de culte.
Faites la visite virtuelle de la grande synagogue allemande, réalisée par l’UCEI.

La synagogue Canton

La synagogue Canton est fondée en 1531/32 avant d’être complètement restaurée à l’époque du baroque tardif pour revêtir l’aspect qu’on lui connait aujourd’hui : baroque et détails rococo. La décoration de la synagogue Canton représente un ensemble unique en Europe notamment par la présence de huit panneaux de bois représentant des épisodes bibliques tirés du livre de l’Exode, parmi lesquels la traversée de la mer Rouge, la ville de Jéricho, l’autel des sacrifices, la manne, l’Arche sur les rives du Jourdain, Qòrach, le don de la Torah et Moïse faisant surgir l’eau de la roche.
Faites la visite virtuelle de la synagogue Canton, réalisée par l’UCEI.

La synagogue italienne

La synagogue italienne, fondée en 1575, si elle est la plus sobre des synagogues vénitiennes, apparait comme la plus lumineuse, grâce à ses cinq grandes fenêtres qui s’ouvrent sur le côté de la place Ghetto Novo, et comme la plus austère, étant donné l’absence de la tonalité étincelante de la feuille d’or qui orne les deux synagogues ashkénazes.

La synagogue levantine

La synagogue levantine, fondée sans doute au cours de la première moitié du 16e siècle, fut reconstruire lors de la seconde moitié du 17e siècle. Sans pourtant que des documents ne l’attestent de manière univoque, on mentionne pour cette restauration l’intervention de l’école de Baldassare Longhena, dont les particularités stylistiques se retrouvent de manière flagrante dans la façade, et de Andrea Brustolon, en ce qui concerne l’imposante chaire.

La synagogue espagnole

La synagogue espagnole, fondée aux alentours de 1580, puis reconstruite durant la première moitié du 17e siècle, est la plus imposante des synagogues vénitiennes. La scénographie des lieux frappe le visiteur d’emblée : l’entrée se fait par un large double escalier qui immerge dans la vaste salle de culte, cernée par un étage des femmes elliptique placé particulièrement haut. Conçue avec une double focalisation (depuis l’étage ou au niveau du sol), la composition stylistique de l’installation révèle une main experte, qui fait penser, comme pour la synagogue levantine, à l’intervention de l’école de Longhena, dont on retrouve les traits caractéristiques dans l’esquisse élégante de l’Aron Ha Qòdesh, en marbre polychrome.