Le musée juif de Venise n'est pas un simple espace d'exposition : c'est une structure diffuse, un complexe architectural urbain unique en son genre en ce qui concerne le judaïsme.

Sur le Campo de Ghetto Novo, enchâssé entre les deux plus anciennes synagogues vénitiennes, on retrouve le musée juif de Venise : un musée modeste mais particulièrement riche, fondé en 1954 par la communauté juive de Venise. (sul sito in inglese è scritto 1953).

Les objets précieux exposés au public, exemples remarquables de l’artisanat de textiles et du travail d’orfèvre de la période allant du 16e au 19e siècle, témoignent du dynamisme de la tradition juive. Le musée propose en outre une large sélection de livres et de manuscrits anciens et d’objets employés au cours des moments-clé du cycle de la vie civile et religieuse juive.

Le musée est partagé en deux espaces : le premier est dédié au cycle des fêtes juives et aux objets nécessaires pour la liturgie, le deuxième, à travers un approche plus éducative, est consacré au récit de l’histoire des Juifs vénitiens à travers différents images et objets.

La salle de l’argenterie est entièrement consacrée au cycle des festivités juives majeures, exposant les objets rituels spécifiques relatifs à chacune. On peut entre autres admirer dans cette salle des exemplaires de shofar, de chandelier d’Hanoukka, une Meguila Esther, une Menora, un plat pour Seder, le premier repas de Pessah. Dans cette salle, une grande attention est également accordée au Séfer Torah (Rouleaux de la Loi) et à ses attributs : rimmonim, ataroth e yadim.

La salle des étoffes accueille une riche collection de tissus précieux, en grande partie d’usage pour le culte. On y trouve exposés de nombreux manteaux pour la Torah (Me’ilìm), des draps pour la recouvrir et la décorer (mappòth) et des rideaux pour couvrir les portes de ‘Aron Ha Kadesh (parokhòth). Le plus précieux exemplaire de Parokhet, en restauration pour le moment, a été réalisé à Venise par Stela di Isacco de Pérouse au cours de la première moitié du 17e siècle.

Une section du musée, conçue par Umberto Fortis, directeur scientifique du musée juif, est organisée de façon à plonger le visiteur dans un parcours historique et culturel permettant de comprendre les événements fondamentaux qui ont marqués la vie des Juifs à Venise.

Les panneaux explicatifs retracent l’immigration des différents groupes ethniques juifs vers la Sérénissime et introduisent le thème du métier d’usurier, thématique incontournable pour comprendre la naissance des anciens, mais malheureusement persistants, préjugés à l’égard des Juifs.

La nouvelle exposition permanente s’intéresse aux différents groupes ethniques, les nationi (nations) comme on les appelait autrefois, dévoilant leurs habitudes de vie et exposant une sélection de documents et d’objets liturgiques.

Une partie de la section est dédiée à la vie culturelle du ghetto vénitien et est consacrée à ses représentants les plus importants, comme le rabbin Leone Modena et la poétesse Sara Copio Sullam, pour ne citer que les deux plus célèbres.

Faites la visite virtuelle de cette salle du musée, réalisée par l’UCEI.

Une partie de la section historique se focalise sur l’imprimerie juive vénitienne, reconnue dans toute l’Europe pour ses éditions de haute qualité, dont on peut voir ici quelques exemplaires de volumes anciens, déjà conservé à la bibliothèque-fonds d’archive ” Renato Mestre “.

Cette section historique s’achève avec une photo qui ramène le visiteur à la fin de la deuxième guerre mondiale, à la libération, à la fin de la Shoah et à la réouverture de la synagogue le 3 mai 1945.